Français
07 83 51 28 48

«Contrairement à l’Occident, les pays de l’Est ont su conserver leurs folklores »

Retouner au sommaire
Article Lepetitjournal.com | 28 août 2017
«Contrairement à l’Occident, les pays de l’Est ont su conserver leurs folklores »

http://www.lepetitjournal.com/bucarest/communaute/coup-de-coeur-roumanie/289018-coup-de-coeur-contrairement-a-l-occident-les-pays-de-l-est-ont-su-conserver-leurs-folklores

 

Nous sommes allés à la rencontre d'Annemarie Hoarau, qui a créé au début de l’année 2017, son agence de tourisme, "Est Evasion". D'origine roumaine vivant en France, plus précisément à Nice, Annemarie veut faire découvrir aux « occidentaux » la richesse des pays de l'Est où les traditions sont encore vivantes.

 

LePetitJournal.com de Bucarest: D’où vous est venue l’idée de créer votre agence de voyage ?

 

Annemarie Hoarau: Cela vient d’un désir de faire découvrir mon pays. C’est malheureux à dire, mais les gens connaissent très mal la Roumanie. Par exemple, on a trop souvent tendance à confondre Bucarest et Budapest. Et pour ceux qui connaissent un petit peu la Roumanie, leurs connaissances s’arrêtent souvent à Bucarest et au château de Dracula. C’est dommage car les pays d’Europe de l’Est, dont la Roumanie fait partie, ont énormément de choses à offrir.

 

A votre avis, pourquoi leurs connaissances sont-elles aussi limitées sur le sujet ?

 

C’est avant tout une question d’image. Il y a encore trop de préjugés. Tout le monde pense que tous ces pays sont des pays pauvres où l’insécurité est encore omniprésente. Avec du recul, je dois concéder qu’il y a eu une forme de fatalisme. On ne vendait que beaucoup trop peu le pays à l’international. Cependant, je constate une évolution de l’image depuis 3-4 ans, et c’est en partie pour cela que j’ai décidé de quitter mon ancien travail pour créer cette agence de voyage.

 

Est-ce que ce manque de visibilité a pu permettre au pays de conserver son « identité » ?

 

Tout à fait. Là où les pays occidentaux ont un peu perdu de leurs identités, les pays de l’Est ont su bien conserver leurs folklores. Il est d’ailleurs d’autant plus présent les fêtes de Pâques ou pendant les célébrations de Noël. J’explique cela par la période communiste que nous avons dû traverser. Tout le monde devait se débrouiller et la religion nous a permis de tenir.

 

Pour en revenir à l’image, comment avez-vous constaté que les choses étaient en train d’évoluer dans le bon sens ?

 

 J’ai toujours énormément parlé de mon pays, la Roumanie, à des collègues de bureau ou des personnes que je fréquentais depuis que j’habite en France. Au début, il y a de ça 10 ans, je remarquais chez eux une forme de rejet. Depuis, les gens sont plus curieux et le pays ne leur fait plus trop peur. Cela a également été possible avec tous les documentaires « positifs » qui ont été réalisés sur le pays où le folklore ainsi que la culture roumaine sont mis en avant.

 

 Quelle réception votre agence a t-elle eu auprès de la clientèle française ?

 

 La réception a été très mitigée. En m’installant à Nice, je voulais m’adresser au public français et francophone. Avant de créer mon agence, j’avais fait quelques études de marché et j’avais constaté que la communauté française n’était pas très friande de ce genre de destinations. La plupart des demandes que je reçois proviennent d’une clientèle belge, canadienne, américaine ou encore britannique. 

 

Qu’est-ce qui distingue les pays de l’Est des autres destinations de vacances ?

 

L’authenticité. C’est quelque chose qui a eu tendance à se perdre en Occident alors qu’elle est encore omniprésente dans certains coins d’Europe de l’Est. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé de baser mon travail sur l’authenticité. A Bucarest je suis actuellement en train d’avoir des rendez-vous pour étoffer notre service de partenariat afin de proposer des visites « locales » de la ville. Tu vas au marché, tu discutes avec les locaux, c’est du concret. Pour la Transylvanie, on ne s’arrête pas qu’au château de Dracula. Après avoir fait la visite, il est possible de dormir chez les locaux et de manger des produits frais. Ca permet aussi bien de faire marcher l’économie locale que de mettre en avant certaines personnes qui ne sont pas suffisamment connues.

 

Et cette authenticité, comment faites-vous pour la trouver ?

 

C’est énormément de recherches. Soit en me baladant sur place, soit des partenaires qui me présentent leurs offres ou les offices de tourisme. Mais principalement c’est par moi-même, en testant et en fouillant. J’ai beaucoup voyagé, testé et trié pour trouver les bonnes personnes et je sais que j’ai encore du travail pour atteindre l’idéal. Je veux montrer le vrai visage de ces pays.

 

Quels seraient les 3 coins que vous conseilleriez à nos lecteurs ?

 

C’est compliqué de n’en citer que trois (rires). Premièrement, et c’est une étape obligatoire, le delta du Danube. Il n’y a pas plus beau et original. Ensuite, ce serait le Maramures avec son cimetière joyeux ou Bucovina où on pratique la peinture sur œufs. Et enfin, ce serait la nature d’une manière générale. Les montagnes de la Bosnie, Serbie, Slovénie ou de la Roumanie sont d’une beauté inégalable. Pour les adeptes du sport en montagne, ce sont des spots qui sont vraiment peu connus et peu exploités.